Ce qui m’attriste, ce sont les rêves avortés
Les souvenirs insouciants d’un merveilleux passé
C’est l’habitude à jamais révolue de te manger des yeux
D’avoir une vie pour nous et un rêve pour deux
Ce qui m’attriste ce n’est pas ce que j’ai perdu
Ou bien ce que j’avais comme tes pieds nus
Ce qui m’attriste c’est ce que je n’ai fait qu’entrevoir
Un merveilleux demain qu’on ne peut plus avoir
La solitude me tue car elle me rappelle trop
Le temps où je t’attendais avec l’espoir si beau
De t’avoir pour moi bonheur partagé
Ce temps où tu disais si bien m’aimer
jeudi 23 août 2012
Le 23 août - Journée George Sand
Le 23 août 1834, Musset adresse une lettre d'adieu à George Sand:
Le 23 août 2012, dans un passage de Questions générales de littérature, Seuil, p. 27, notamment concernant les pseudonymes:
"Les angoisses cruelles, le luttes poignantes, les larmes amères ont fait place en moi à une compagne bien chère, la pâle et douce mélancolie. Ce matin, après une nuit tranquille, je l'ai trouvée au chevet de mon lit, avec un doux sourire sur les lèvres ; c'est l'amie qui part avec moi."
Le 23 août 2012, dans un passage de Questions générales de littérature, Seuil, p. 27, notamment concernant les pseudonymes:
"Enfin, l'utilisation d'un pseudonyme peut répondre - cas probablement le plus fréquent- à des motivation psychologiques qui renvoient notamment à la façon dont l'écrivain entend se situer par rapport à l'instance parentale. Comme l'écrit Jean-Luc Steinmetz par rapport à Petrus Borel:
Ecrire son nom, ça n'est pas le décrire, mais être sensible au trésor de signifiants qu'il contient [...], y détecter la place, l'estampille du père (et de cette mère qui ne s'y dit pas), à la fois lutter contre ce gène, cette gêne et géhenne et reconnaître qu'elle est là, comme l'homosexualité qui supplémente le mythe d'Oedipe.
[...] Aurore Dupin refusera, elle, et son patronyme et le nom marital qui devint le sien après son pariage avec le baron Casimir Dudevant : elle imagina, avec George Sand, un pseudonyme particulièrement significatif puisqu'il rappelait de façon provocante le nom de son amant, Jules Sandeau, et soulignait en même temps, avec l'orthographe inhabituelle de Georges, une volonté évidente de transgresser les désignations que la société donne des sexes.
Aujourd'hui est une journée à thème.
lundi 20 août 2012
Journal de Jules Renard (1887-1900)
Un jour j'avais écrit que nos premières impressions sont les seules ineffaçables. Le reste n'est qu'une répétition, un effet de l'habitude. Le lendemain, j'avais trouvé cette page rayée à coup d'ongles: Mme Daudet l'avait lue indiscrètement, et elle s'était fait ce petit raisonnement en l'apparence très simple: "Il a dit Je t'aime à d'autres femmes que moi. Je suis venue après elles. Quel est donc le degré de sincérité de ses paroles d'amour?".
Extrait du Journal de Jules Renard, daté du 25 février 1891.
Au début de l'amour, degré de sincérité presque nul. Mais il est tentant pour l'homme de croire que cette fois le bonheur lui tend les bras. Rien n'est plus facile que d'être la dupe de l'amour. Les vieux signes d'amour vieux sont peut-être sincères?
Le désespoir de trouver sans cesse pour sa femme la formulation sincère de ses sentiments, toujours renaissants. Mais si l'amour le demande, il fournit aussi bien des moyens.
Rien à dire de plus
J’ai remis mon cœur au portefeuille
Et ta photo dans un carton
Y’a rien à dire après l’amour
Y’a juste à se taire et se tirer
Y’a juste à se tirer recommencer
ailleurs
Quand même pour ma défense j’ai fait
comme si
comme si l’amour passait les lendemains
Y’a rien a dire quand l’amour meurt
Mais je reste triste de chasser
D’un revers de main
Tous ces baisers dans tous les plis
De mes cols de chemise
Toujours le silence porte la parole de la fin
Je ne l’entendais jamais quand je tenais tes mains
Les hommes aussi ont un cœur
Dites-le aux femmes qui les mangent
Je ne peux pas dire que ça me rend heureux
De savoir que tu sais
l’amour vit dans un château de cartes
Il peut mourir en un lapsus
Un laps de temps
Notre amour a duré le temps d’une allumette
Et c’était chouette
J’ai rien a dire de plus
lundi 6 août 2012
La glace...
... longtemps réduite à la plage
longtemps goûté dans les temps chauds
la glace est reine des tropiques.
C'est une erreur de mauvais goût!
La glace
est un loisir qui se mange froid
sur la toile cirée d'un vieux bar-tabac
de préférence par temps de pluie*
de préférence en vair de gris
avec plein de soucis
et des bruits de PMU.
(Croyez-m'en, c'est du vécu)
*Car à ce moment seul elle a vraiment le goût du souvenir.
longtemps goûté dans les temps chauds
la glace est reine des tropiques.
C'est une erreur de mauvais goût!
La glace
est un loisir qui se mange froid
sur la toile cirée d'un vieux bar-tabac
de préférence par temps de pluie*
de préférence en vair de gris
avec plein de soucis
et des bruits de PMU.
(Croyez-m'en, c'est du vécu)
*Car à ce moment seul elle a vraiment le goût du souvenir.
samedi 4 août 2012
Les mots à venir sont à jamais perdus
hier encore c'était l'aube et nous vivions à la surface
mes godasses se sont remises sur pieds
mais je n'ai pas dormi de la nuit
j'ai pleuré les larmes sur ton corps
debout dans un corpuscule comme plus à moi
et dans tes bras qui ne l'étaient pas plus
je regarde un peu ce monde à en mourir
par l'horizon vieilli qui me reste ami
dans son tempérament
faines d'herbes vertes godasses
tu parles
d'un monde bizarrement décédé
un vieux monde une rocaille de jardinet
mais je me tais car
l'amertume du paysage m'est aussi un dégoût
au fond du coeur
tu sais tout est catastrophe à présent
à présent c'est trop tard
mais tu sais j'aurai beaucoup aimé vivre au soleil contre toi
sentir le vent et l'azur dans tes cheveux
tes yeux de petits sablés
et comprendre enfin l'expression
l'aube au doigts de rose
dans le creux de ton cou
je t'ai perdue
peut-être par inadvertance
peut-être égarée
ou peut-être
peut-être t'es tu cambriolée toute seule
par une porte des champs
il ne me reste plus qu'un devoir
un temps de veille à celui qui lit
à défaut d'un baiser
pour ne jamais t'omettre
pour ne pas t'oublier dans le noir
pour ne pas t'oublier au charbon
au milieu des bruits sourds
des caves d'hommes souterrains
il me reste la plume
et du noir et blanc
mais ces mots à venir
te sont à jamais perdus
Un mémo pour ces vacances
Arrêter de croire que le bonheur et le repos se paient
Penser à ma pomme
et surtout à ne rien faire
Penser à ma pomme
et surtout à ne rien faire
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